Authentification forte : quelle forme choisir pour plus de sécurité en ligne ?

En 2023, plus de 70 % des fraudes détectées sur les paiements en ligne auraient pu être évitées si une authentification forte avait été appliquée systématiquement. Ce chiffre n’a rien d’anecdotique. Il traduit une réalité : la sécurité des achats sur internet ne repose plus seulement sur la bonne volonté des utilisateurs ou la vigilance des banques, mais sur la capacité à déployer des méthodes d’authentification robustes, adaptées à chaque situation.

L’authentification forte, un rempart essentiel face aux menaces en ligne

La progression rapide de la fraude en e-commerce a obligé les acteurs du paiement à revoir entièrement leurs pratiques. L’authentification forte ne se contente plus d’être un voeu pieux : c’est un passage obligé pour sécuriser les paiements en ligne. D’un côté, la criminalité numérique se professionnalise. De l’autre, banques et commerçants ajustent leurs défenses, parfois dans la douleur. La directive européenne sur les services de paiement (DSP2) impose désormais un double contrôle pour toute transaction électronique dépassant 30 euros. Ce bouclier repose sur la combinaison de plusieurs catégories de preuves : un facteur de connaissance (comme un mot de passe ou un code PIN), un facteur de possession (par exemple un smartphone ou une carte physique) et un facteur d’inhérence (données biométriques). Dans la pratique, le 3D Secure s’est imposé pour les paiements par carte, tandis que les applications mobiles bancaires, telles que SécuriPass ou Certicode Plus, sont de plus en plus utilisées.

Pour mieux comprendre, voici les trois piliers de l’authentification forte :

  • La connaissance : ce que l’utilisateur sait (mot de passe, code confidentiel).
  • La possession : ce que l’utilisateur détient (téléphone, boîtier, carte à puce).
  • L’inhérence : ce que l’utilisateur est (empreinte digitale, reconnaissance faciale).

Les banques sont tenues de proposer d’autres moyens que l’application mobile, pour que chacun puisse accéder à ses comptes, qu’il soit équipé d’un smartphone ou non. Dans le même temps, prestataires de paiement et e-commerçants travaillent à intégrer ces standards de sécurité, sans transformer chaque achat en parcours du combattant. Tout l’enjeu : placer la sécurité au cœur de l’expérience client, sans la rendre pénible ou discriminante.

Pourquoi la sécurité des paiements numériques dépend-elle de méthodes robustes ?

Depuis septembre 2019, la deuxième directive sur les services de paiement (DSP2) a mis fin aux compromis sur la sécurité. Désormais, toute transaction dans l’Espace économique européen, Royaume-Uni compris, doit satisfaire à l’authentification forte du client. L’objectif ? Protéger, moderniser et instaurer la confiance dans les paiements numériques. Pour y arriver, la réglementation s’appuie sur la SCA (Strong Customer Authentication), dictée par l’Autorité bancaire européenne. Oubliez le mot de passe seul. Il faut désormais combiner au moins deux facteurs bien distincts. Les banques innovent : biométrie pour certaines, boîtier physique ou smartphone sécurisé pour d’autres. Les commerçants n’ont pas le choix : sans intégration de ces solutions, les paiements sont tout simplement bloqués.

Mais la DSP2 réinvente aussi le jeu en ouvrant la voie à l’open banking. Les systèmes bancaires s’ouvrent à de nouveaux acteurs tiers, agréés, qui proposent leurs propres services tout en respectant ce renforcement des contrôles. Les prestataires de paiement doivent composer avec cette nouvelle donne : allier sécurité et simplicité d’utilisation, pour que l’expérience de paiement ne vire pas au casse-tête. Trouver cet équilibre, c’est le défi permanent de la transformation numérique du secteur bancaire.

Panorama des principales formes d’authentification forte et leurs spécificités

Face à la recrudescence des fraudes sur le web, les établissements financiers n’ont plus le choix : imposer l’authentification forte devient une évidence pour protéger les paiements en ligne et l’accès à la banque à distance. Ce principe repose toujours sur la combinaison d’au moins deux familles : le facteur de connaissance (ce que vous savez), le facteur de possession (ce que vous détenez), et le facteur d’inhérence (ce que vous êtes).

Voici les grandes familles de méthodes utilisées :

  • Facteur de connaissance : mot de passe, code PIN ou réponse à une question personnelle. Historiquement en tête, ils sont aujourd’hui vulnérables, notamment face au phishing ou à la fuite de bases de données.
  • Facteur de possession : téléphone mobile, boîtier bancaire, carte à puce ou clé physique. La majorité des banques privilégie désormais l’envoi d’un code à usage unique par SMS ou l’utilisation d’une application mobile dédiée (SécuriPass, Certicode Plus, Clé Digitale). Quand l’application est liée à votre appareil, le niveau de sécurité grimpe d’un cran.
  • Facteur d’inhérence : empreinte digitale, reconnaissance faciale ou vocale. La biométrie inspire confiance mais soulève aussi des questions sur la gestion des données sensibles. Son adoption progresse, portée par la recherche d’un compromis entre sécurité et simplicité.

Protocole 3D Secure et dispositifs alternatifs

Le 3D Secure s’est imposé sur les paiements par carte bancaire en ligne. Son principe : ajouter une étape de validation basée sur au moins deux facteurs, pour limiter le risque d’usurpation. Mais toutes les situations ne se prêtent pas à l’utilisation d’une application mobile. Les banques doivent donc proposer d’autres options : boîtier, carte physique, ou authentification par SMS pour ceux qui ne possèdent pas de smartphone, ou qui rencontrent des difficultés d’accessibilité. Le choix dépend du niveau de risque, de l’habitude de l’utilisateur et de ses besoins d’accessibilité.

Homme d age moyen utilisant une tablette pour scanner son empreinte

Comment choisir la solution la plus adaptée à vos usages et à votre niveau de risque ?

L’univers des paiements en ligne est aujourd’hui morcelé à l’extrême. Entre la pression réglementaire de la directive européenne sur les services de paiement (DSP2) et l’inventivité des cybercriminels, chacun doit ajuster sa stratégie selon ses propres pratiques et son exposition.

Pour opter pour la bonne méthode, commencez par analyser la nature de vos opérations. Si vous accédez régulièrement à votre compte bancaire en ligne, privilégiez une application d’authentification forte intégrant biométrie ou code unique. Avec des outils comme SécuriPass ou Certicode Plus, l’expérience s’avère fluide, le niveau de sécurité élevé, et le mot de passe devient plus difficile à compromettre.

Tout dépend aussi du type de transaction :

  • Pour les petits paiements (inférieurs à 30 euros), l’authentification forte est souvent levée. Mais dès qu’il s’agit d’ajouter un bénéficiaire ou d’effectuer un virement inhabituel, activez systématiquement la double vérification.
  • Pour les paiements récurrents (abonnements, factures), l’authentification forte n’est exigée qu’au premier paiement, sauf si le montant ou le destinataire change ensuite.

Les banques sont aussi tenues d’offrir des alternatives à l’application mobile, pour que tous leurs clients puissent sécuriser leurs transactions : boîtier dédié, carte à puce ou code reçu par SMS. Attention toutefois : le SMS reste l’un des points faibles, cible privilégiée du SIM swapping. Les personnes les plus exposées, ou les entreprises, ont tout intérêt à privilégier des dispositifs physiques indépendants ou à opter pour une biométrie gérée en dehors du téléphone principal.

Les commerçants demandent parfois à éviter l’authentification forte pour simplifier le parcours d’achat. Mais la décision appartient toujours à la banque, qui évalue le risque avant d’accepter ou non l’exemption. Si la sécurité n’est pas garantie, la transaction est tout simplement refusée.

Dans ce paysage mouvant, choisir la bonne méthode d’authentification, c’est un peu comme verrouiller la bonne porte au bon moment. Demain, la frontière entre simplicité d’usage et protection sera encore plus ténue. Alors, jusqu’où accepterons-nous de sacrifier la facilité sur l’autel de la sécurité ?

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